Gabon : la Fondation Merck et Zita Oligui Nguema intensifient leur offensive sur la santé, l’infertilité et l’éducation des filles
À la présidence gabonaise, la Fondation Merck a officiellement lancé ses programmes en partenariat avec la Première dame, Zita Oligui Nguema, désormais ambassadrice de la campagne « Fondation Merck Plus qu’une mère ». Déjà engagée depuis 2024, cette coopération met l’accent sur quatre axes : le renforcement des capacités de soins, l’amélioration de la prise en charge des patients, la lutte contre la stigmatisation liée à l’infertilité et le soutien à l’éducation des filles. Au Gabon, 16 bourses médicales ont déjà été accordées et 40 écolières défavorisées bénéficient d’un accompagnement scolaire annuel.
**Un partenariat officiellement lancé à la présidence**
La cérémonie a réuni à Libreville la Première dame du Gabon, Zita Oligui Nguema, le président du conseil d’administration de la Fondation Merck, le Pr Frank Stangenberg-Haverkamp, et la directrice générale de la fondation, la Dre Rasha Kelej. À travers cette séquence, la branche philanthropique de Merck KGaA Allemagne a officialisé un partenariat déjà amorcé depuis 2024 avec les autorités gabonaises. L’objectif affiché est de transformer durablement le paysage des soins aux patients tout en élargissant l’action sociale à l’éducation et à l’autonomisation des femmes. La Fondation Merck précise que cette initiative s’inscrit dans sa stratégie plus large déployée en Afrique et dans d’autres pays en développement.
La Dre Rasha Kelej a souligné que Zita Oligui Nguema a été officiellement désignée ambassadrice de la campagne « Fondation Merck Plus qu’une mère ». Elle a insisté sur la volonté conjointe de renforcer à la fois les capacités sanitaires et les capacités des médias, tout en combattant la stigmatisation de l’infertilité. Le discours se veut donc à la fois médical, social et culturel. Pour la fondation, il ne s’agit pas seulement de former des professionnels de santé, mais aussi d’agir sur les mentalités autour de sujets encore sensibles dans de nombreux pays africains.
**Santé : 16 bourses déjà accordées au Gabon**
La Première dame du Gabon a mis en avant les premiers résultats du partenariat, qu’elle présente comme déjà significatifs en un temps relativement court. Selon elle, 16 bourses ont été accordées à des professionnels de santé gabonais, appelés à devenir de futurs experts dans plusieurs spécialités critiques. Ces formations concernent des domaines peu couverts ou stratégiques comme la fertilité, l’embryologie, l’oncologie, le diabète et l’hypertension. Le partenariat se positionne ainsi comme un outil de montée en compétence du système de santé gabonais.
Dans le détail, quatre bourses ont été attribuées en fertilité et embryologie, avec des formations pratiques organisées en Inde. La Fondation Merck affirme que ce programme a permis de former le tout premier embryologiste du Gabon. Quatre autres bourses concernent le diabète et l’hypertension, dont un master spécialisé de trois mois en français ainsi qu’une bourse clinique. Huit autres bourses ont enfin été orientées vers les soins infirmiers en oncologie, un secteur jugé essentiel dans la prise en charge du cancer.
**Infertilité, diabète, cancer : trois fronts prioritaires**
À travers cette architecture, la fondation cible des besoins médicaux très précis. En fertilité et embryologie, l’enjeu est de doter le pays de compétences encore rares pour améliorer la prise en charge de l’infertilité, sujet au cœur de la campagne « Plus qu’une mère ». Sur le diabète et l’hypertension, la Fondation Merck veut contribuer à l’émergence de cliniques spécialisées dans les hôpitaux et centres de santé, afin d’améliorer la prévention, le dépistage précoce et le suivi de ces maladies chroniques. Le dispositif dépasse donc la simple formation individuelle pour viser un impact structurel sur l’offre de soins.
Sur le volet oncologique, les huit bourses accordées dans le domaine des soins infirmiers traduisent une volonté d’agir sur la chaîne concrète de prise en charge des malades. La fondation estime que ces compétences sont indispensables pour renforcer les soins contre le cancer. À l’échelle continentale, elle revendique déjà plus de 2 600 bourses accordées à des professionnels de santé issus de 52 pays, dans 44 spécialités médicales critiques et mal desservies. Le Gabon s’insère donc dans une stratégie panafricaine plus vaste de renforcement des systèmes sanitaires.
**L’éducation des filles aussi au cœur du programme**
L’autre pilier mis en avant lors du lancement concerne l’éducation des filles. La Fondation Merck affirme soutenir, avec la Première dame du Gabon, 40 écolières très performantes mais défavorisées grâce à des bourses annuelles maintenues jusqu’à l’obtention de leur diplôme. Lors de la cérémonie, plusieurs bénéficiaires du programme « Éduquer Linda » étaient présentes et certaines ont livré des témoignages sur l’impact de cette aide dans leur parcours. L’initiative vise clairement à faire de l’éducation une réponse de long terme aux inégalités sociales.
Dans le même esprit, sept livres d’histoires pour enfants ont été lancés en partenariat avec la Première dame. Parmi les titres cités figurent « Plus qu’une mère », « Éduquer Linda », « Le secours de Jackline », « Pas qui vous êtes », « Une balade vers le futur », « Jude sans sucre » et « La tension de Mark ». Ces ouvrages abordent des questions sociales et sanitaires sensibles à destination des plus jeunes. Des milliers d’exemplaires doivent être distribués aux écoliers, ce qui montre que la fondation cherche aussi à investir le terrain de la prévention et de la sensibilisation par le récit.
**Médias et créativité mobilisés autour des causes sociales**
La Fondation Merck ne limite pas son action au champ médical ou scolaire. Elle affirme avoir déjà organisé deux éditions de sa formation en ligne sur la santé à destination des journalistes gabonais. L’objectif est de mieux outiller les médias sur des sujets comme la stigmatisation de l’infertilité, l’éducation des filles, les violences basées sur le genre, le mariage des enfants, les mutilations génitales féminines, ainsi que la prévention du diabète et de l’hypertension. La stratégie repose donc aussi sur une bataille culturelle par l’information.
Dans le prolongement de cette approche, huit prix annuels ont été annoncés pour 2026 à destination des médias, cinéastes, créateurs de mode, musiciens, étudiants et jeunes talents. Quatre récompenses portent sur les enjeux liés à la campagne « Plus qu’une mère » et quatre autres sur le diabète et l’hypertension. Les dates limites de soumission ont été fixées au 30 septembre 2026 pour les prix liés aux questions sociales et au 30 octobre 2026 pour ceux consacrés au diabète et à l’hypertension. Par ce levier, la Fondation Merck entend faire des créateurs de contenus et des artistes des relais de sensibilisation à grande échelle.
**Une coopération à forte portée sociale**
Dans ses déclarations, Zita Oligui Nguema a présenté ce partenariat comme une première de cette ampleur au Gabon. Elle a insisté sur le caractère « percutant » des programmes engagés et sur les résultats déjà obtenus depuis 2024. Du côté de la Fondation Merck, le président du conseil d’administration, Frank Stangenberg-Haverkamp, a réaffirmé l’engagement de l’institution à améliorer la santé et le bien-être des populations en renforçant les capacités de soins en Afrique, en Asie et dans d’autres pays en développement. La ligne défendue est claire : investir dans les compétences locales pour transformer durablement les systèmes de soins.
À travers ce lancement officiel, la Fondation Merck et la Première dame du Gabon installent donc un partenariat qui dépasse la seule logique de communication. Santé reproductive, maladies chroniques, cancérologie, éducation des filles, formation des médias et mobilisation culturelle : le dispositif embrasse plusieurs champs à la fois. Reste désormais à mesurer, dans la durée, la traduction concrète de ces engagements dans les établissements de santé, dans les écoles et dans la vie quotidienne des bénéficiaires. Mais à ce stade, Libreville met déjà en avant une coopération qu’elle veut exemplaire sur le terrain social et sanitaire.



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