Football amateur : la FIFA passe le Gabon au scanner et alerte sur le déficit d’infrastructures
Dans un hôtel de Libreville, la FIFA a ouvert, ce lundi 26 mai, un atelier de restitution consacré à l’environnement du football amateur au Gabon. Pendant 48 heures, les experts Étienne Sockeng et Amr Moheb présentent aux acteurs locaux les conclusions d’une étude globale lancée en 2022 et menée dans 187 pays. Premier signal fort du diagnostic : le Gabon compte 1 078 joueurs par stade, contre une moyenne de 262 joueurs dans les pays de la même catégorie.
Cette rencontre réunit une large partie de l’écosystème footballistique national. Membres du Comex, arbitres, présidents de ligues et de clubs, encadreurs, journalistes sportifs, représentants du monde scolaire et universitaire prennent part aux travaux. L’objectif est clair : partager un état des lieux précis, identifier les faiblesses structurelles et dégager des pistes pour mieux organiser le football amateur gabonais.
Un diagnostic mondial appliqué au cas gabonais
La première journée a été consacrée à la présentation des grandes données collectées au niveau international. L’étude descriptive conduite par la FIFA couvre 187 pays, dont 48 des 54 associations membres de la Confédération africaine de football. Elle permet de situer chaque fédération dans son environnement réel, à partir d’indicateurs liés aux infrastructures, à la pratique, à l’encadrement et à l’organisation.
C’est dans ce cadre qu’a été présenté le cas spécifique du Gabon. Le chiffre de 1 078 joueurs par infrastructure sportive illustre le déséquilibre entre la demande de pratique et l’offre disponible. Comparé à la moyenne de 262 joueurs par stade dans les pays de même catégorie, cet écart souligne l’urgence d’une politique plus structurée en matière d’équipements sportifs.
Étienne Sockeng appelle à une vraie stratégie
Face aux participants, l’expert Étienne Sockeng a insisté sur la nécessité de sortir de l’improvisation. Selon lui, le développement du football amateur ne peut reposer ni sur des initiatives dispersées ni sur des décisions ponctuelles. « Le hasard est un mauvais maître, sans stratégie il n’y a aucune vision » , a-t-il déclaré, appelant les acteurs gabonais à inscrire leurs actions dans une planification cohérente.
Ce message résonne particulièrement dans un pays où le football amateur constitue la base de la pyramide sportive, mais reste confronté à de nombreux défis. Manque de terrains, difficultés d’encadrement, faible structuration des compétitions, passerelles insuffisantes avec le monde scolaire et universitaire : autant de chantiers que ce rapport entend mettre en lumière.
Les ateliers attendus pour dégager des pistes
La seconde journée des travaux doit permettre de finaliser la présentation de l’environnement gabonais. Après cette phase de restitution, les participants seront répartis en groupes de travail afin de mener des réflexions en ateliers. Ces échanges devront permettre d’identifier des priorités opérationnelles et de formuler des recommandations adaptées aux réalités locales.
La cérémonie de clôture viendra refermer ces 48 heures de diagnostic et de concertation. Pour le football gabonais, l’enjeu dépasse la simple restitution d’un rapport. Il s’agit désormais de transformer ces données en décisions concrètes, afin de donner au football amateur les moyens de devenir un véritable vivier de talents, mieux organisé, mieux encadré et plus accessible sur l’ensemble du territoire.

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