« Pourquoi vous accrochez-vous autant au PDG ? » : André Essone Mba invite Ali Bongo à tourner la page

Publié le Par Narcisse Mauny - Mis à jour :

La récente sortie médiatique d’Ali Bongo Ondimba continue de susciter des réactions au Gabon. Dans une adresse diffusée le 20 octobre, l’ancien président a affirmé n’avoir jamais démissionné de la présidence du PDG, contestant ainsi la légitimité de la direction actuelle conduite par Blaise Louembé. Une revendication qui a relancé les tensions autour de l’avenir de l’ancien parti au pouvoir, trois ans après le coup d’État du 30 août 2023.

Alors qu’Ali Bongo Ondimba revendique toujours la présidence du Parti démocratique gabonais (PDG), les appels à son retrait de la vie partisane se multiplient. Dans une lettre ouverte publiée vendredi 23 octobre 2026, le citoyen gabonais André Essone Mba invite l’ancien chef de l’État à renoncer à cette bataille politique pour se consacrer à des initiatives sociales et à la transmission de son expérience. Il lui propose notamment de créer une fondation capable d’offrir chaque année 18 bourses d’études à des enfants issus de familles défavorisées.

Pour André Essone Mba, cette bataille interne ne devrait plus constituer une priorité pour celui qui a dirigé le Gabon pendant quatorze ans. Dans sa lettre ouverte, il interpelle directement l’ancien chef de l’État : « Pourquoi vous accrochez-vous autant au PDG ? Qu’espérez-vous encore gagner dans cette bataille politique ? Votre ancien parti a désormais un autre président. » L’auteur estime que le contexte politique a profondément changé et qu’Ali Bongo pourrait désormais jouer un rôle différent dans la société gabonaise.

Écrire ses mémoires et s’intéresser aux préoccupations des Gabonais

Plutôt que de poursuivre les querelles partisanes, André Essone Mba propose d’abord à l’ancien président de consacrer du temps à la rédaction de ses mémoires. Il considère qu’un témoignage sur ses quatorze années à la tête du pays pourrait contribuer à éclairer plusieurs épisodes de l’histoire politique récente. L’exercice permettrait également, selon lui, de revenir sur certaines décisions de gouvernance qui continuent de susciter des interrogations.

L’auteur souhaite aussi voir Ali Bongo s’exprimer davantage sur les difficultés quotidiennes de la population. Il cite notamment la vie chère, le chômage des jeunes, l’insécurité, l’éducation et l’accès aux soins. À ses yeux, l’expérience d’un ancien président pourrait nourrir le débat public sur ces questions, indépendamment de toute responsabilité à la tête d’un parti politique.

Une fondation pour financer 18 bourses d’études par an

La proposition la plus concrète de sa lettre concerne la création d’une fondation à vocation sociale. André Essone Mba suggère qu’elle finance chaque année 18 bourses d’études, à raison de deux bénéficiaires issus de familles défavorisées dans chacune des neuf provinces du Gabon. Une initiative qui permettrait, selon lui, d’accompagner directement des jeunes dans leur parcours scolaire et universitaire.

« Ce serait un geste concret, porteur d’espoir », écrit-il, faisant référence au slogan « L’Avenir en confiance » associé à l’ancien régime. Par cette proposition, l’auteur entend déplacer le débat de la conquête des responsabilités politiques vers des actions susceptibles de produire des résultats tangibles pour les populations. Les modalités de financement et d’attribution de ces éventuelles bourses resteraient toutefois à définir.

Dans sa conclusion, André Essone Mba résume le sens de son interpellation par une réflexion sur l’héritage des dirigeants : « L’histoire ne retient pas seulement les fonctions que l’on a exercées. Elle retient aussi ce que l’on a choisi de faire après avoir quitté le pouvoir. » Une manière d’inviter Ali Bongo à envisager son avenir autrement que sous l’angle de la présidence du PDG.

Cette lettre intervient alors que l’ancien chef de l’État défend, de son côté, son droit à poursuivre une activité politique et affirme vouloir rétablir ce qu’il considère comme la légalité statutaire au sein de son parti. Entre cette volonté de conserver une influence politique et les appels à privilégier un engagement social, la place qu’Ali Bongo entend occuper dans le Gabon de l’après-30 août demeure un sujet de débat.

 

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