« Il vaut mieux perdre une place que se perdre soi-même » : Jennifer de Mayombo démissionne de la mairie de Libreville
Coup de théâtre à l’Hôtel de Ville de Libreville. La journaliste et communicante Jennifer Nupsia de Mayombo épouse Kangouna a annoncé, ce mercredi 28 octobre 2026, sa démission de ses fonctions de conseillère technique auprès du maire Eugène Mba. Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, elle évoque un environnement professionnel devenu difficile, marqué, selon elle, par des incompréhensions, des conflits d’ego et des comportements s’apparentant à du harcèlement moral. Un départ qu’elle présente comme une décision nécessaire pour préserver sa dignité, ses convictions et sa sérénité.
Jennifer de Mayombo épouse Kangouna tourne une nouvelle page de son parcours professionnel. Après avoir exercé des responsabilités au sein de l’administration municipale de Libreville, la journaliste et spécialiste de la communication institutionnelle a décidé de quitter ses fonctions. Une décision qu’elle explique publiquement, dans un texte où elle décrit les difficultés qui auraient progressivement détérioré son environnement de travail.
« On ne quitte pas toujours un poste par incapacité. Parfois, on part parce que l’environnement devient toxique », écrit-elle. Sans désigner nommément les personnes auxquelles elle fait référence, l’ancienne conseillère technique évoque une accumulation de tensions et de situations devenues difficiles à supporter. Elle estime que les relations professionnelles peuvent finir par compromettre l’efficacité du travail et l’équilibre personnel.
« Les bavardages prennent le dessus sur les compétences »
Dans sa déclaration, Jennifer de Mayombo dénonce notamment des incompréhensions répétées et des rivalités internes. « Les incompréhensions se multiplient, les bavardages prennent le dessus sur les compétences et certaines attitudes finissent par s’apparenter à du harcèlement moral », affirme-t-elle. Des accusations qui reflètent son expérience personnelle, mais dont les circonstances précises ne sont pas détaillées dans sa publication.
La communicante évoque également la fatigue provoquée par la nécessité de se justifier constamment et de faire face à ce qu’elle appelle de « petites guerres d’ego ». Pour elle, la volonté de défendre ses convictions ne peut suffire lorsque les relations de confiance se dégradent. « À force, même le plus engagé finit par comprendre que certains combats ne méritent plus d’être menés », confie-t-elle.
Un départ quelques jours après la relance du magazine municipal
Cette démission intervient dans un contexte particulier pour la communication de la mairie de Libreville. Le jeudi 22 octobre, Jennifer de Mayombo participait encore à la relance du magazine municipal Le Point Municipal, dont elle dirigeait le comité de rédaction. Ce support institutionnel, remis en circulation après près de quinze années d’interruption, devait contribuer à mieux informer les habitants sur les activités de la municipalité.
Son départ, moins d’une semaine après cette présentation, soulève donc des interrogations sur l’organisation de la communication municipale. Il intervient également quelques mois après l’installation d’Eugène Mba à la tête de la mairie centrale, en avril 2026. Les griefs exprimés par l’ancienne collaboratrice restent toutefois à distinguer de faits administrativement ou judiciairement établis.
« Je pars sans haine, sans regret d’avoir essayé »
Malgré la fermeté de ses propos, Jennifer de Mayombo assure ne pas vouloir entretenir de conflit autour de son départ. Elle présente sa démission comme un choix de responsabilité envers elle-même, plutôt que comme un renoncement à ses convictions. « Il faut du courage pour rester et défendre ses convictions, mais il en faut tout autant pour partir lorsque le dialogue ne produit plus rien et que la confiance s’effrite », explique-t-elle.
Elle conclut sa déclaration par un message particulièrement personnel : « Je pars sans haine, sans regret d’avoir essayé. Je pars avec ma conscience et mes convictions, convaincue qu’il vaut mieux perdre une place que se perdre soi-même. Parfois, le geste le plus fort n’est pas de claquer la porte, mais de déposer les clés et de partir la tête haute. »
Au-delà de ce départ individuel, cette prise de parole remet en discussion la question des conditions de travail dans les administrations gabonaises. Elle interroge notamment la place du dialogue, du respect professionnel et de la prévention des risques psychosociaux dans les équipes dirigeantes. Pour Jennifer de Mayombo, la décision est désormais prise : quitter ses fonctions plutôt que de compromettre sa sérénité et ses valeurs.

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