Mondial 2030 : Après les 48 équipes, Infantino ouvre déjà la porte à un tournoi à 64 nations

Publié le Par Pascal Abihona - Mis à jour :

À peine adopté, le nouveau format de la Coupe du monde pourrait déjà être dépassé. Alors que l’édition 2026 réunit pour la première fois 48 sélections aux États-Unis, au Canada et au Mexique, la FIFA envisage désormais de porter le tournoi à 64 participants dès 2030. Une expansion spectaculaire défendue par Gianni Infantino au nom de l’universalité du football, mais qui soulève déjà de nombreuses interrogations sportives et logistiques.

Le président de la FIFA a confirmé, dimanche 12 juillet 2026, que cette hypothèse serait sérieusement examinée après la Coupe du monde. Dans un entretien accordé au média suisse Bluewin, Gianni Infantino a estimé qu’un nouvel élargissement pouvait permettre à davantage de nations de rêver d’une participation au plus prestigieux tournoi international.

« C’est assurément une question qui sera examinée et débattue au sein des comités compétents après cette Coupe du monde. Lorsque l’on organise une Coupe du monde, il est important de la concevoir pour le monde entier, et pas seulement pour l’Europe et l’Amérique du Sud. Chaque nation devrait pouvoir rêver d’y participer » , a déclaré le dirigeant italo-suisse.

Une nouvelle expansion quatre ans seulement après celle de 2026

L’idée consisterait à ajouter 16 sélections au format actuellement expérimenté. La Coupe du monde passerait ainsi de 48 à 64 participants, soit près du tiers des 211 associations membres de la FIFA.

Le Mondial 2026 représente déjà une rupture majeure avec les éditions précédentes. Le nombre de participants est passé de 32 à 48, tandis que le programme a été porté de 64 à 104 rencontres. Les équipes sont réparties dans 12 groupes de quatre, avant une phase à élimination directe débutant par les seizièmes de finale.

Avec 64 nations, l’une des hypothèses les plus naturelles serait la constitution de 16 groupes de quatre équipes. Les deux premiers de chaque poule rejoindraient alors un tableau à élimination directe de 32 sélections. Un tel format pourrait générer 128 matchs, soit 24 de plus qu’en 2026 et deux fois plus que lors des Coupes du monde disputées à 32 équipes entre 1998 et 2022.

Une proposition portée par l’Amérique du Sud

L’hypothèse d’une Coupe du monde à 64 équipes n’est pas totalement nouvelle. Elle avait été présentée en mars 2025 par la Confédération sud-américaine de football afin de célébrer le centenaire du tournoi en 2030. Des responsables de la Conmebol avaient ensuite rencontré Gianni Infantino à New York en septembre 2025 pour défendre le projet.

L’édition 2030 possède une configuration exceptionnelle. L’essentiel de la compétition sera organisé par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, tandis que l’Uruguay, l’Argentine et le Paraguay accueilleront les premières rencontres commémoratives du centenaire. La première Coupe du monde de l’histoire avait été disputée en Uruguay en 1930.

Un passage à 64 équipes pourrait permettre aux trois pays sud-américains de recevoir davantage de rencontres qu’initialement prévu. Il obligerait néanmoins la FIFA à revoir la répartition des places entre les confédérations, les modalités des qualifications, le nombre de sites mobilisés et l’ensemble du dispositif logistique.

Une opportunité supplémentaire pour l’Afrique

Pour les sélections africaines, cette expansion pourrait ouvrir de nouvelles perspectives. Le continent dispose de neuf places directes pour le Mondial 2026, auxquelles peut s’ajouter une qualification supplémentaire par les barrages intercontinentaux.

Le passage à 64 participants entraînerait vraisemblablement une augmentation du contingent africain, même si aucune répartition officielle n’a encore été présentée. Cette possibilité permettrait à davantage de nations du continent de participer à la compétition, mais pourrait également réduire la valeur sportive et la difficulté des éliminatoires.

Gianni Infantino défend précisément cet élargissement au nom d’une représentation plus équilibrée du football mondial. Le président de la FIFA estime que la présence de nouvelles nations contribue au développement de la discipline et permet aux sélections moins expérimentées de progresser en affrontant les meilleures.

128 matchs et un immense défi logistique

Contrairement aux premières inquiétudes, une Coupe du monde à 64 équipes ne contraindrait pas nécessairement les finalistes à disputer davantage de matchs. Avec une phase de groupes suivie des seizièmes de finale, une sélection allant jusqu’au titre jouerait huit rencontres, comme dans le format à 48 équipes de 2026.

La charge globale pesant sur l’organisation serait en revanche nettement plus importante. Le tournoi compterait davantage de délégations, de déplacements, de terrains d’entraînement, d’hôtels et de dispositifs de sécurité. Sa durée pourrait également être prolongée si la FIFA ne souhaite pas multiplier les rencontres organisées simultanément.

L’enjeu concernerait aussi les championnats professionnels. Une compétition plus longue ou plus dense pourrait empiéter davantage sur les périodes de repos et de préparation des joueurs. Les clubs, déjà critiques face à l’accumulation des rencontres internationales, pourraient contester un nouveau développement du calendrier.

Une expansion qui divise déjà

Les opposants au projet craignent également une dilution du niveau général, une augmentation des rencontres déséquilibrées et une perte d’intérêt des qualifications continentales. Le président de l’UEFA, Aleksander Čeferin, avait notamment qualifié l’idée d’une Coupe du monde à 64 équipes de mauvaise proposition.

La FIFA devra donc arbitrer entre son objectif d’universalité, ses intérêts économiques et la préservation de la qualité sportive du tournoi. Pour l’heure, le passage à 64 nations n’est ni adopté ni officiellement programmé. Il constitue une proposition qui sera débattue par les instances compétentes après la finale du Mondial 2026.

Quatre ans avant l’édition du centenaire, la Coupe du monde 2030 pourrait ainsi devenir la plus vaste jamais organisée. Après être passée de 32 à 48 équipes en 2026, la compétition reine pourrait franchir un nouveau seuil et changer une nouvelle fois de dimension.

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