Soudan : Point sur les affrontements armés de samedi entre l’armée et les forces de réaction rapide

Publié le Par La rédaction d’LBVnews - Mis à jour :

Des affrontements ont éclaté entre l’armée et les forces de réaction rapide au Soudan. Selon les dernières informations, l’armée a eu recours à l’aviation dans les combats à Khartoum, la capitale du pays.

Affrontements armés

La situation au Soudan s’est aggravée au début de la semaine en raison de désaccords politiques entre le commandant de l’armée, Abdel Fattah al-Burhan, qui dirige également le Conseil souverain (l’organe directeur du pays), et le chef des forces de réaction rapide, Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemiti, son adjoint au Conseil.

Le 13 avril, l’armée a lancé un ultimatum aux forces de réaction rapide pour exiger de quitter Merowe, dans le nord du pays. Le même jour, des informations ont fait état de l’entrée dans la ville d’un convoi de 52 véhicules de cette formation.

Des affrontements ont éclaté le 15 avril près de la base militaire de Merowe et à Khartoum. Selon l’ambassade de Russie, des combats font rage dans la capitale dans le secteur du palais républicain, du commandement des forces armées soudanaises, de l’aéroport, du marché central ainsi qu’à proximité des bases militaires.

Les forces de réaction rapide ont affirmé avoir pris le contrôle des aéroports de Merowe et de Khartoum et infligé « de lourdes pertes » aux militaires. Selon la chaîne Al-Hadath, elles se sont emparées de plusieurs « avions de chasse de fabrication russe » à Merowe.

Elles ont également annoncé la prise de la résidence d’Abdel Fattah al-Burhan, mais l’armée a démenti ces déclarations. D’après le responsable de la sécurité du chef du Conseil souverain, il « est en lieu sûr et suit les opérations militaires ».

Les parties se rejettent mutuellement la responsabilité : l’armée affirme que les forces de réaction rapide ont donné l’assaut de son quartier général, tandis que celles-ci déclarent que c’est leur quartier général à Khartoum qui a été attaqué « aux armes lourdes et légères ».

Conséquences des combats

Le Comité des médecins du Soudan a fait état « de dizaines de victimes » à Khartoum, dont des civils.

Le ministère soudanais de la Santé a appelé tous les médecins à se rendre dans les hôpitaux de la capitale pour donner des soins aux blessés. L’aéroport de Khartoum a été fermé et des véhicules blindés stationnent sur le site, indique la chaîne Al-Jazeera.

Origines du conflit

La crise politique au Soudan dure depuis qu’en avril 2019, le président Omar el-Béchir, qui a dirigé le pays pendant 30 ans, a été destitué du pouvoir à l’issue d’un coup d’État militaire.

En octobre 2021, Abdel Fattah al-Burhan a dissous le gouvernement civil et introduit l’état d’urgence dans le pays, promettant des élections générales en juillet 2023.

En décembre dernier, les principales forces politiques ont conclu un accord cadre prévoyant le retrait de l’armée de la politique et la réforme des forces de sécurité. La signature de l’accord final, prévue pour le 1er avril 2023, a été repoussée à plusieurs reprises en raison de désaccords entre Abdel Fattah al-Burhan et Mohamed Hamdan Dagalo.

Ces désaccords concernent avant tout les délais de l’inclusion des forces de réaction rapide au sein d’une armée unie ainsi que la personnalité du commandant en chef des forces armées : un militaire de carrière ou un président civil.

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